Oiseau rare en voie d'extinction

Black Swans Collection #5

Black Swans Collection est un projet né dans l’entre-deux du confinement. Une période marquée par la solitude et un certain isolement où je n’avais ni à courir après les gens, ni après le temps. En cela, ma seconde newsletter est devenu pour moi un refuge passionnant.

Mais dans le “monde d’après”, mon rythme de publication s’est avéré plus difficile que prévu à concilier avec mes autres projets. Si bien que j’ai souvent eu l’impression de perdre de vue cette indépendance que je recherchais en devenant freelance, ainsi que de voir ma vie parfois plus entravé qu’équilibrée.

Aujourd’hui, j’ai pris ma décision de publier la dernière édition de Black Swans Collection. En littérature, une collection se définit par son unité de thème ainsi que par son ancrage dans le temps. Et en cela, je ne pensais pas que cette publication éphémère porterait aussi bien son nom.

Quant à vous chères plumes, je tenais à vous remercier mille fois pour votre soutien, vos messages, votre engagement et votre assiduité qui m’ont guidés au fil de ce beau projet. Je reviendrai vers chacun de vous individuellement dans les prochains jours et proposerai naturellement le remboursement des abonnements à l’année. Quant aux prélèvements mensuels, ceux-ci viennent d’être stoppés.

La suite, ce sera avec Plumes With Attitude que je l’écrirai. Et alors que la publication fêtera en septembre son premier anniversaire (oui, déjà !), je suis heureux de retrouver plus de temps à lui consacrer.

Sur ce, je vous laisse vous plonger dans cette dernière édition. J’aurai mis longtemps à l’écrire, sans doute à force de remettre en question l’avenir de la publication. Mais aujourd’hui, je suis convaincu d’avoir pris la meilleure décision.

Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente lecture,

Benjamin


🧠 HEAD… Le Bon, la Brute et le Truand

Ici il s’agit d’aiguiser sa vision de l’avenir que l’on veut construire demain.

“The strength of great advisers is in their ability to think about new and complex ideas with a clear sense of their own subjectivity.”

— Aaron Harris (Y Combinator)

Du réveil à 5h du matin aux douches glacées, en passant par le fasting ou le calcul stratégique de ses passages aux toilettes : ce ne sont pas les conseils de productivité farfelus qui manquent dans la sphère entrepreneuriale. Si j’aime dire que les réponses à toutes nos questions sont déjà sur Internet, reste à savoir séparer le bon grain de l’ivraie. Et pour cause : que ce soit dans le développement personnel ou la gestion de sa vie professionnelle, force est de reconnaître qu’il y a vraiment à boire et à manger dans la littérature associée à chacun de ces sujets.

Le termes très évocateur de “startup p*rn” désigne précisément cette surabondance de contenus glorifiant recettes d’entrepreneurs à succès et autres techniques de gourous auto-proclamés. Si bien qu’avec ce type de publications, la frontière est souvent fine entre recherche d’éducation et… de divertissement. Le problème ne vient pas tant de l’asymétrie de leur qualité que de leur impressionnante quantité. Crouler sous les conseils est le risque principal associé au fait d’être tout le temps en veille. Pour moi, c’est à la fois une cause et une conséquence de notre obsession pour l’optionnalité.

“All good advice tips people toward action, not options. You may think all you need is advice. Practice is what you need.”

— Hiten Shah (First Round Review)

Si les conseils sont légion, tout l’enjeu réside selon moi autour de leur interprétation. Il ne s’agit pas seulement de savoir quoi demander et vers qui se tourner, mais surtout de déterminer comment les évaluer et les mettre en application. Et plutôt que de vous donner moi-même des conseils, je vous propose une analyse très personnelle de trois notions que je considère particulièrement utiles pour muscler votre discernement.

Voici une nouvelle grille de lecture au nom assez parlant : le Bon, la Brute et le Truand.

Le Truand : Intellectual Yet Idiot (Nassim Nicholas Taleb)

Théorisé dans son livre Skin in the Game, le concept d’Intellectual Yet Idiot de Taleb est aussi vaste que sujet à controverse. L’auteur désigne par là ces personnes qui agissent comme les leaders d’opinion sans avoir à subir les conséquences de leurs propos. Le concept s’applique ainsi à ces conseils donnés sans contexte, ces raisonnements où les biais l’emportent sur les faits, ou encore l’avènement des pseudo-sciences.

Mais ce qui me plaît le plus dans cette notion d’Intellectual Yet Idiot, c’est… son nom. Bien que volontairement provocateur, celui-ci m’inspire l’idée de ne pas se laisser impressionner par un track-record donné ou des réussites passées. Et surtout que le choix des personnes que vous écoutez ne dépend pas tant d’elles-mêmes que… de vous.

La Brute : Le guide NFX pour naviguer entre les conseils (James Currier)

Qui d’autre qu’un spécialiste de la croissance et des effets de réseaux pour appliquer un cadre implacable sur le sujet du conseil ? Quoique destinée aux entrepreneurs, la carte des advisors proposée par James Currier est un petit bijou de développement personnel et professionnel. Et pour cause : c’est de psychologie dont il est question avant tout — la vôtre, mais aussi celle de vos mentors pour chaque situation donnée.

Mon passage préféré dans l’analyse de James Currier concerne le volet méfiance vis-à-vis des conseils reçus. La matrice ci-dessus indique le degré de risque associé à la lecture de contenus qui brillent par leur forme, parlent votre langue ou vous sont recommandés par des personnes de confiance… mais délivrent en réalité des conseils qui ne vous aident pas ou ne résonnent pas avec votre situation. Il en est de même pour ces fameux traits d’esprits souvent délivrés au présent de vérité générale sous forme de maximes sur Twitter.

Le Bon : Luck Surface Area (Jason Roberts)

Le créateur du podcast TechZing théorisait le terme de Luck Surface Area en 2010. Celui-ci est lié à la notion de sérendipité, qui se définit comme la capacité, l’art de faire une découverte — scientifique notamment — par hasard. Selon Jason Roberts, la Luck Surface Arena est justement la quantité de sérendipité dans la vie d’un individu. Celle-ci est directement proportionnelle à l’intensité mise par ce dernier dans une activité qui le passionne, combinée au nombre de personnes à qui elle est communiquée efficacement. Résumé sous la forme d’une équation, cela revient à dire :

Luck = Doing * Telling

Pour le blogueur Sean Murphy, il existe une troisième variable dans cette équation : le temps. Comme celui-ci le souligne dans un article, trouver le ratio qui nous correspond consiste à choisir en permanence entre action et communication. Opter pour l’une de ces variables se fait inévitablement au détriment de l’autre, dans la mesure où le temps — au même titre que l’énergie associée — est une ressource disponible en quantité limitée.

C’est un arbitrage qui n’est pas sans me rappeler le dilemme entre création et distribution bien connu des producteurs de contenu. Mais surtout, celui-ci introduit le fameux facteur chance inhérent à la recherche de sérendipité. Ce dernier est d’ailleurs un ingrédient pourtant déterminant que l’on a souvent tendance à sous-estimer.

Quand on est le destinataire d’un conseil, c’est l’élément mystère que l’on néglige en nous concentrant sur la résolution d’un problème donné. Et lorsqu’on est dans la position du conseiller, c’est la variable que l’on peut facilement occulter — consciemment ou non — en guidant quelqu’un vers une solution à la lumière de notre propre expérience.

C’est aussi pour cela que je me méfierai toujours de ce fameux conseil de ne rien laisser au hasard. Sans aller jusqu’à croire en l’idée de destinée, je suis convaincu qu’on a tous à gagner à prendre davantage en compte la notion de sérendipité. Et, sans forcément aller jusqu’à parler de prophéties auto-réalisatrices, à la provoquer.

Pour aller plus loin…


✊ HAND… “Plus” ou “Moins” ?

Ici on passe du concept au concret, et de la théorie à l’outil.

“There are only two ways to make money in business: one is to bundle, the other is unbundle.” — Jim Barksdale

Cette phrase prononcée dans les années 90 par l’ancien CEO de Netscape et collègue de Marc Andreessen est presque aussi célèbre que le fameux software is eating the world de ce dernier. Pour la petite histoire, c’était la dernière réponse donnée à une conférence alors que les deux compères devaient se mettre en route pour l’aéroport. Laissant une foule hébétée devant la dimension presque mystique de ses propos, Jim Barksdale s’est contenté de dire que certaines personnes passaient leur temps à additionner, d’autres à soustraire, et que la vie était faite ainsi.

Les décennies suivantes lui ont donné raison. Chaque produit, chaque service, chaque pan de l’économie a un jour été unbundlé, puis bundlé — ou l’inverse — par un entrepreneur au nez fin. Prenons l’exemple d’Apple. En 2001, le catalogue iTunes marquait l’unbundling brillant de l’achat de musique qui se faisait à l’époque sous format CD. À peine six ans plus tard, Steve Jobs réalisait le bundling le plus lucratif de tous les temps avec le premier iPhone : un combo gagnant entre téléphone, iPod et Internet — résumé avec brio en une slide de présentation.

Ce qui est fascinant avec les notion de bundling et d’unbundling, c’est qu’on les retrouve absolument partout quand on y réfléchit suffisamment — et ce, bien au-delà de l’économie. J’en suis moi-même un fervent adepte dans mon quotidien.

Jugez plutôt :

  • Plumes With Attitude est née de l’unbundling de mon précédent job de concepteur-rédacteur. C’est un projet directement inspiré d’une tâche qui me tenait particulièrement à cœur dans mon métier : tenir une newsletter.

  • Définir la structure de la publication revient à bundler plusieurs compétences : préparer une trame d’interview, contacter des entreprises pour partager leurs missions, composer une sélection de contenus, et bien sûr écrire.

  • Black Swans Collection peut être vue comme une forme d’unbundling de Plumes With Attitude. D’une certaine façon, il s’agit d’une extension de la section “Knowledge is Power” dédiée à la curation.

De nombreux sujets traités dans les éditions précédentes de Black Swans Collection peuvent d’ailleurs être analysés par ce prisme : la distinction entre Zone de Génie et Zone d’Excellence est un exercice d’unbundling, le modèle X for Y est une forme de bundling à part entière, la notion de “stack” pourrait être un synonyme du mot “bundle” — que vous pouvez bien sûr unbundler façon Scott Galloway. Oui, je vous avais prévenus qu’on les retrouvait partout. Si bien qu’on pourrait penser que le concept a réponse à tout.

Reconnaissons que l’idée est tentante. J’aime me dire que la clé d’une vie épanouie est avant tout une question d’équilibre. La réflexion de Jim Barksdale va dans ce sens : additionner ou soustraire les éléments à votre propre équation a toutes les chances d’apporter de nouvelles solutions à vos enjeux. L’Ikigaï est l’application du modèle de bundling/unbundling à des problématiques de développement personnel. Et s’avère extrêmement utiles pour simplifier nos questionnements :

  • Doit-on privilégier la recherche de sens dans son métier (bundling) ou le trouver à côté (unbundling) ?

  • Doit-on intégrer ses centres d’intérêts à sa carrière (bundling) ou les garder pour ses loisirs et projets personnels (unbundling) ?

  • Désire-t-on avoir un salaire stable et unique issu de son emploi (bundling) ou des revenus multiples et fluctuants tiré d’une activité d’indépendant (unbundling) ?

Pour finir, la beauté du modèle de bundling/unbundling est qu’il n’y a pas une approche meilleure que l’autre. Comme avec les conseils, le contexte est essentiel pour prendre une décision valable à un instant T. Mais le jour où vous retrouvez bloqués dans une situation donnée, essayer de prendre votre problème comme une équation. Et de voir comment celle-ci évoluerait en “bundlant” ou “unbundlant” ses éléments. Il y a fort à parier que cela vous conduise sur la bonne voie. Plus ou moins.

Pour aller plus loin…


❤️ HEART… Like a Virgil

Ici on fait la part belle à la pensée noble, celle qui vient du cœur.

"In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes."

Andy Warhol

Avant de faire émerger le terme de “passion economy”, l’analyste Li Jin parlait d’“enterprization of consumer”. L’expression désignait cette tendance qu’ont des start-ups comme Notion, Webflow ou encore Slack à créer des outils BtoB déguisés en produits BtoC. En d’autres termes, celles-ci misent sur le potentiel des individus à créer voire devenir des entreprises demain. Réseaux sociaux, plateformes de publications et outils communautaires avaient préparé le terrain, en nous conduisant à utiliser des produits dans notre vie personnelle pour mieux en faire des armes dans notre arsenal de compétences professionnelles. Si bien que le métier dont rêvaient les enfants occidentaux en 2019 n’était plus astronaute mais… Youtubeur.

La réciproque est vraie du côté des entreprises, pour qui le développement d’une véritable personnalité de marque est devenu un enjeu central. L’obsession pour la fameuse expérience utilisateur, l’adoption de tonalités conversationnelles, ou encore la glorification des entrepreneurs à succès témoignent d’une véritable volonté (stratégique) d’humanisation du business. La conséquence est que ces entreprises font tout pour se positionner dans l’air du temps — le fameux zeitgeist. Et que dire des termes de “talents”, de “culture” ou de “créativité” érigés en valeurs cardinales de l’économie entrepreneuriale ? Ce ne sont pas les exemples qui manquent pour illustrer les clins d’œil et appels du pied de la Silicon Valley à sa voisine préférée : Hollywood. Au point que de simples morceaux de code peuvent se transformer du jour au lendemain en fragments de culture.

Les frontières sont donc toujours plus floues entre les aspirations identitaires des individus et entreprises. Chaque camp emprunte à l’autre, aussi bien sur le volet de la création, des canaux de diffusion ou de l’appropriation de références culturelles. La conséquence est que nous sommes tous devenus des médias en puissance. Dans sa newsletter The Sociology of Business, Ana Andjelic parle de “virgilization” en référence à la démarche (toujours stratégique) de donner une valeur artistique au travail d’un individu. Celle-ci prend l’exemple de Virgil Abloh, passé en seulement en huit ans de styliste prometteur à véritable icône de créativité que tout le monde s’arrache et dont l’influence va bien au-delà de la mode. Mais le designer star n’est pas tant une exception qu’un reflet des aspirations de son époque. Il illustre selon moi deux tendances de fond : l’artification et la starification de l’économie.

Et c’est précisément là où le mouvement naissant de la “passion economy” s’avère particulièrement intéressant. Pour une génération marquée par la quête de sens, il y a une dimension identitaire presque symbolique associée à cette faculté de pouvoir créer et partager son travail, sa démarche, ses idées, ses projets au monde entier. Le retour en vogue des valeurs de l’artisanat (voir PWA #3) n’est pas sans rappeler les codes de l’art et du luxe : des univers où l’intention, le message, l’esthétique et bien sûr le talent sont omniprésents. Et de la même façon qu’une marque voudra signer une collaboration avec Virgil Abloh, la perception des entreprises et de leurs créations est de plus en plus influencée par les idées et personnalités de celles et ceux avec qui elles vont travailler. En témoignent la course à la création de contenu éditorialisé à tous les niveaux, l’importance des influenceurs dans le lancement de produits sur des plateformes comme Product Hunt, ou encore le recours de plus en plus systématique au freelancing, vu comme la nouvelle destination des meilleurs talents. Alors au fond, l’émergence de la passion economy ne serait-elle pas l’extension à notre quotidien de dynamiques auparavant réservées au monde hollywoodien ? Et si nous étions à l’aube d’une nouvelle interprétation du terme de “show” business ?

Pour aller plus loin…


🦸‍♂️ HERO… 👁👄👁

À chaque édition : un petit topo sur mes héros d’un jour ou de toujours.

Si vous étiez sur Twitter vendredi dernier, vous avez sans doute vu par vous-mêmes l’impressionnante hype autour d’un site obscur, d’une drôle de combinaison d’emoji (👁👄👁 ) et d’une explication à tout cela résumée par : “it is what it is” (IIWII). Le tout, quelques semaines seulement après un engouement similaire pour les lancements successifs du réseau social Clubhouse, puis du nouveau client e-mail par l’équipe de Basecamp : Hey.

Alors le monde avait-il besoin de ça ? Et bien, paradoxalement oui.

Car après une journée de suspense pour Twitter et plusieurs nuits blanches pour l’équipe derrière IIWII, le mystère a finalement été levé. Point de nouvelle app ou de réseau social révolutionnaire, 👁👄👁 est un canular destiné à pointer du doigt le ridicule du FOMO inhérent au monde de la tech, son manque de diversité et sa distanciation de grands problèmes contemporains comme les discriminations raciales.

IIWII a toutes ses chances d’entrer dans la postérité comme un cas d’école de guerilla marketing, utilisé à bon escient et menés par de parfaits inconnus. J’ai personnellement trouvé ça aussi brillant qu’un épisode de Black Mirror. La force de frappe du meme illustre la puissance des communautés en ligne et de leurs références culturelles, dans un contexte où Internet est devenu un véritable refuge au milieu d’une année marquée par une actualité des plus sombres. Le mot de la fin est pour Josh Constine, qui a la meilleure explication pour résumer cet étrange moment :

“We crave the sense of affiliation stripped from our lives by isolation, and a break from home life’s monotony. In this moment, what could have been more tempting than a secret society behind a locked door — a mystery that leaves you 👁👄👁.”

— Josh Constine (source)

Pour aller plus loin…


🕳️ HOLE…

Retour une dernière fois dans le labyrinthe du paon.

“Bentoism” : C’est le nom d’une nouvelle école de pensée développée par Yancey Strickler, l’ancien CEO of Kickstarter. Et vous faites bien de vous demander s’il y a un rapport avec les boîtes à bento, car vous avez entièrement raison.

Plaisir mimétique : Quand on assiste à un concert, notre appréciation de la musique est directement liée à la façon dont notre cerveau se synchronise avec ceux des musiciens. Explication ici.

Caisse à outils : Arbres et matrices de décision, modèle de l’iceberg ou encore inversion font partie de cette petite collection illustrée de modèles mentaux simplifiés.

Retour aux sources : D’où viennent les trolls ? Et comment devient-on soi-même un troll ? Il suffit de demander au Dr Adam Bell.


DERNIÈRE CHOSE…

Encore un grand merci à tous pour avoir fait partie de l’aventure Black Swans Collection ! C’était un vrai plaisir de vous donner rendez-vous avec ce petit club de lecture. D’un côté, je ne doute pas un seul instant que ces publications me manqueront. De l’autre, j’ai hâte d’écrire un nouveau chapitre de ma vie de freelance.

Je vous retrouve cette semaine par e-mail et courant juillet avec Plumes With Attitude. D’ici là, prenez soin de vous et bien sûr…

May the words be with you,

Benjamin